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4e Numéro : NI JUSTE, NI INDÉPENDANTE LA JUSTICE AU SERVICE DE QUI ?

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MALGRÉ L’INTERDICTION,
NOUS CONTINUONS D’EXISTER

Tenir face à l’offensive liberticide du pouvoir

En ordonnant la fermeture de la maison des syndicats autonomes, un espace refuge pour toutes les forces autonomes de la société civile - la LADDH a pu y tenir son troisième congrès après que les autorités lui ont refusé le centre de la mutuelle de Zeralda - le ministère de l’intérieur frappe brutalement. Cet acte arbitraire résume à lui seul l’ampleur de la régression imposée à l’Algérie en matière de libertés publiques. Le passeport biométrique, la loi sur la cybercriminalité et les cybers attaques visant les militants de la toile, sont des signes qui ne trompent pas : les tenants du pouvoir sont déterminés à « éradiquer » définitivement les espaces de libertés conquis, dans la douleur, par les enfants d’octobre 88.

Dans cette offensive liberticide du pouvoir et en l’absence de contre-pouvoirs sérieux, la résistance est molle. Le Parlement a été réduit à la fonction de chambre d’enregistrement et les parlementaires eux-mêmes, quand ils se posent la question, ne savent plus à quoi ils servent.
Dans le secteur de la justice, l’esprit d’indépendance ne se manifeste guère tandis que la réforme de la justice, annoncée il y a plus d’une décennie, relève de l’anecdotique et de l’esbroufe.
L’absence d’indépendance de la justice ainsi que le maintien de l’état d’urgence facilitent cette entreprise liberticide du pouvoir qui ferme ainsi dangereusement les voies de recours et de contestation pacifiques.

Sans indépendance de la justice et sans levée de l’urgence, l’exercice effectif des libertés publiques n’est plus possible. Le pouvoir exorbitant, au regard des lois, que s’arroge l’administration devient ainsi sans limite et constitue une menace existentielle pour les organisations de la société civile
Comment, dans de telles conditions pourrait-on contester les décisions et les agissements du ministère de l’intérieur qui refuse d’agréer les partis politiques et les associations des droits de l’Homme, notifie des interdictions la nuit tombée et ferme des espaces privés par un simple arrêté ?

Il n’est pas envisageable, dans l’état actuel de la justice, d’arracher à la justice administrative une décision condamnant les dérives de l’administration.
Face à cette dure réalité, la société civile autonome n’a d’autre choix que de s’organiser, de se solidariser et de se fédérer pour pouvoir résister pacifiquement aux assauts du pouvoir. Notre autonomie, donc notre existence, est en jeu.

Mostefa BOUCHACHI, Le Président

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